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Camille Pépin - The Sound of Trees


Mars 2020


Camille Pépin :

The Sound of Trees



Orchestre de Picardie, Arie van Beek, Julien Hervé, Yan Levionnois


Camille Pépin a un don certain pour raconter des histoires, et son dernier concerto pour clarinette et violoncelle, The Sound of Trees (le son des arbres) ne déroge pas à la règle. On y retrouve cette puissance évocatrice commune à toutes les œuvres de la compositrice, mais aussi de nombreux éléments harmoniques et rythmiques qui sont désormais sa marque de fabrique. Commandée par l’Orchestre de Picardie, la pièce a été créée sous la baguette d’Arie van Beek. Elle a valu à son autrice le titre de “compositrice de l’année" lors des Victoires de la musique classique 2020.


Dès les premières notes, l’auditeur est transporté : allongé dans une clairière, un rai de lumière transperce la canopée pour caresser ses yeux clos. Les flûtes et la clarinette pépient gaiement depuis la branche de l’arbre où ils sont perchés. Autour d’eux, les feuilles bruissent doucement au rythme des violons. Cette atmosphère est inspirée par le poème éponyme de l’américain Robert Frost ; une récidive pour la compositrice, qui a déjà adapté The Road Not Taken, du même auteur.


L’arrivée du violoncelle et de son thème pentatonique précise le cadre de ce voyage imaginaire : quelque part loin d’ici, en Asie. Une autre source d’inspiration régulière chez Pépin : on pense notamment à son œuvre pour violoncelle solo, Kono Hana, du nom d’un personnage de la mythologie japonaise ; à Vajrayana, sa première composition pour orchestre ; à Indra, pour violon et piano ; ou à Snow, Moon and Flowers, pour piano, clarinette et violoncelle.


Mais comme toujours dans la musique de la compositrice, le calme est trompeur et de courte durée. Dès le deuxième mouvement, l’épopée surgit de derrière l’arbre où elle s’était cachée. Orage ? Course poursuite ? Partie de chasse ? La tension monte brusquement, portée par le tempo frénétique des cordes. Assauts et trêves se succèdent dans une atmosphère guerrière, où la paix retrouvée a un goût d’armistice.


Ces rythmes erratiques des cordes, ces sonorités belliqueuses, les amateurs de Pépin y sont habitués. Autre élément familier : le mariage de la clarinette et du violoncelle, deux instruments que Pépin affectionne et associe volontiers. Et c’est peut-être cela que l’on doit retenir de ce concerto : on peut l’écouter et se dire, « ça, c’est du Camille Pépin ». La jeune femme, du haut de ses 29 ans et de ses cinq années de carrière, a définitivement trouvé son style – et on en redemande !


Mariette Thom


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