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Gayané Tchebotaryan et l'anniversaire de l'indépendance de l'Arménie à la Salle Cortot

Dernière mise à jour : août 19


Salle Cortot

3 octobre 2020

Salle Cortot (Paris)


Sofya Melikyan (piano), David Haroutunian (violon) et Mikayel Hakhnazaryan (violoncelle)


À l’occasion du 29ème anniversaire de l’indépendance de l’Arménie, la salle Cortot se place sous le patronage de l’Ambassade d’Arménie pour accueillir un trio de musiciens arméniens : Sofya Melikyan (piano), David Haroutunian (violon) et Mikayel Hakhnazaryan (violoncelle). L’histoire et la magie des paysages de ce pays sont également célébrées grâce aux poèmes d’Ossip Mandelstam et de Hovhannès Toumanian, prononcées par le comédien Simon Abkarian. Seuls les trios avec piano op. 87 et op. 101 de Johannes Brahms, présents au programme, ne présentent pas de lien apparent avec l’Arménie.


Au creux de cet univers, la voix de la compositrice arménienne Gayané Tchebotaryan s’élève par le biais de son unique trio avec piano, écrit en 1945. Constitué d’un seul mouvement, cette œuvre est profondément colorée par le folklore musical arménien : elle s’ouvre ainsi avec les pizzicati rapides et énergiques des cordes, auxquels le piano superpose une mélodie modale aux accents à contretemps. La passion et la fougue se perçoivent aussi bien sur le visage des interprètes que dans la chaleur de leur son d’ensemble. Leur complicité, nourrie par l’amitié qui les unit depuis l’enfance, renforce l’émotion ressentie. Celle-ci est d’autant plus communicative que la salle Cortot permet une proximité avec les auditeurs.


Le caractère dansant disparaît rapidement pour laisser place à une atmosphère mélancolique, où les phrases empreintes de lyrisme se croisent et se répondent. L’écriture du violon se démarque par son registre aigu et délicat, que David Haroutunian met en valeur à travers la subtilité des nuances, paraissant planer au-dessus du violoncelle et du piano. Le retour progressif de la mélodie initiale contribue à structurer l’œuvre et à lui donner de l’unité, à l’intérieur de laquelle les musiciens soulignent avec finesse chaque contraste d’écriture.


Bien que discrète, la présence de Gayané Tchebotaryan au sein du programme permet au public de découvrir une nouvelle figure féminine, tout en rendant hommage à la liberté du peuple et de la culture arménienne, aujourd’hui ébranlés par d’importants conflits. À ce titre, les dernières paroles de Simon Abkarian clôturent le concert dans le rappel des valeurs essentielles de paix et de tolérance.



Aurianne Bec




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