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Giuliani-Guglielmi : Complete guitar works


5 mars 2021


Emilia Giuliani-Guglielmi :

6 préludes, op. 46

Variazioni su un tema di Mercadante, Op. 9

Variazioni su "Ah! Perché non posso odiarti!", Op. 3

Variazioni su "L'amo, ah! L'amo", Op. 1

Variazioni su "Non più mesta accanto al foco", Op. 5

Belliniana n°1 à 6

Federica Artuso, guitare



Sous les doigts de Federica Artuso naissent toutes les œuvres pour guitare de la compositrice Emilia Giuliani-Guglielmi. Les œuvres sont réparties sur deux disques, sans suite logique, ni chronologique apparente, permettant de découvrir sous plusieurs angles le travail de cette compositrice du début du XIXe siècle. Parmi elles, les Belliniana, pièces pour guitare sur des airs d’opéra du compositeur Vincenzo Bellini, mais aussi des variations, et sa dernière œuvre, ses Six préludes op. 46. Malgré tout, une grande partie de ses œuvres, des opus 12 à 45, est introuvable.


Avec les Belliniana, on se retrouve, tout comme avec les variations, dans l’univers de l’opéra, et du jeu sur des airs, parfois plus ou moins connus. Giuliani-Guglielmi convoque Bellini, mais aussi Gioacchino Rossini et Saverio Mercadante. Le fait que ces variations soient écrites pour la guitare apporte un air de légèreté qui ne dépare pas d’avec le sujet choisi. Les Belliniana, fantaisies sur des airs de Bellini, tout comme les variations, sont des œuvres de jeunesse. Si la mélodie est déjà préconçue, Giuliani-Guglielmi offre une vision plurielle et démontre une prolificité dans le maniement de la variation, variant les rythmes, les harmonies, tout en conservant l’air d’origine, parfois bien caché au creux de la pièce. Si ces œuvres sur des airs d’opéras italiens sont des pièces conséquentes, les préludes sont en revanche plus courts, la compositrice s’y exprime pourtant mieux, exprimant à la fois sa poétique musicale et son art de la composition.


Les Six Préludes sont l’accomplissement de sa carrière de compositrice. Datant des années 1840, ils présentent un style romantique très poussé, aux harmonies recherchées. Chaque prélude apporte son univers, mais annoncent les œuvres romantiques de la fin du siècle… Isaac Albéniz n’est pas très loin. Le premier prélude, en mi mineur, offre des harmonies aux saveurs mélancoliques et méditerranéennes, la guitare égrenant ses notes en accords arpégés sans rigueur. Le deuxième prélude, en la mineur, fait vibrer la corde hispanique de la guitare d’une façon plus poignante encore, ce qui est un tour de force pour une compositrice italienne. Le troisième prélude, en mineur, fait chanter deux voix, tantôt en dialogue, tantôt de concert, avec une ligne mélodique qui pourrait aisément rappeler un prélude baroque. Le quatrième joue sur les notes répétées, dans un sol majeur paisible et reposant après les préludes précédents. Avec le cinquième prélude, on retourne dans un univers plus sombre avec la tonalité de la mineur glissant en triolets. Le sixième prélude est peut-être le plus moderne, esquivant vite la tonalité principale de la majeur.


Si les variations sur les airs d’opéras sont divertissantes, ce sont les Six préludes qui sont le joyau de ce double disque, et qui apportent un intérêt conséquent à l’œuvre d’une des plus célèbres compositrices ayant écrit pour la guitare. Un must have du répertoire guitaristique !


Gabriel Navaridas


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