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Pejačević : Piano Music

Octobre 2021



Dora Pejačević

6 fantasy pieces

The life of flowers

Caprice waltzes

2 piano sketches

Capricco, op. 47

2 nocturnes

Piano sonata no. 2


Ekaterina Litvintseva, piano




Dora Pejačević, compositrice croate, est probablement l’une des plus prolifiques de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Dans un style romantique tardif, elle nous emmène dans des contrées fabuleuses et très variées.


C’est un véritable ravissement de découvrir les œuvres pour piano, bien trop délaissées, de cette compositrice des plus talentueuses. L’album commence, sous les doigts d’Ekatarina Litvintseva, par les six Fantasy pieces, op. 17, composées en 1903, six pièces de fantaisies où le romantisme se fait encore sentir, mais dont l’imagination mélodique rivalise avec force aux côtés de celle de ses contemporains. Courtes pièces de caractères, chacune présente une ambiance particulière.


La première est de loin la plus impressionniste, laissant les touches éparses composer un tableau lumineux et verdoyant. Viennent ensuite cinq autres tableaux, tour à tour mélancolique, plein d’interrogations, déchirant, implorant puis vif et plein d’emport. Le second cycle, The Life of Flowers ou la Vie des fleurs, composée entre 1904 et 1905, présente huit fleurs différentes : le perce-neige, la violette, le muguet, la pensée, la rose, l’œillet rouge, le lys et le chrysanthème. Œuvre tout aussi symbolique qu’elle est florale, chaque pièce résonne à l’oreille comme un parfum auriculaire. Chacune pourrait être une fleur de la couronne d’Ophélia, et le symbolisme de ces préludes floraux s’arrête aussitôt que l’œuvre se termine.


Les Caprices Waltzes (Valses-caprices) sont dans un mouvement plus romantique, bien que composées en 1910. Elles font preuve d’une certaine inspiration, tout en portant fortement les traces du XIXe siècle tardif. Les deux esquisses pour piano, postérieures, datent de 1918. Dans ces pièces, Pejačević a dépassé le romantisme allemand qui transparaissait beaucoup dans ses œuvres précédentes pour entrer dans le grand XXe siècle. Son Capriccio est composé l’année suivante. Vif et plein d’esprit, il est revigorant, après le mal être nauséeux d’impressionnisme des esquisses, proposant avec les deux pièces suivantes une césure bienvenue.


Ses deux Nocturnes datent de la même période. Elles forment, avec les esquisses, la face sombre d’une médaille fin-de-siècle aux allures debussystes. Sa Sonate no2 est beaucoup plus académique, bien que perce, au travers du tissu de la sonate, une virtuosité pianistique et mélodique qui n’est pas pour revigorer le sujet de la sonate, dont la forme a été maintes fois usé par les compositeurs.




Gabriel Navaridas

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