ComposHer, pourquoi ?

En France, plus de 95% des chefs d’orchestre sont des hommes. 96% des opéras sont dirigés par des hommes, tout comme 89% des institutions musicales en général. Si l’on ajoute à cela les maigres 28% de femmes parmi les instrumentistes solistes, on tombe des nues. Pourquoi, en 2018, les chiffres sont-ils aussi dramatiques ? Pourquoi les - très nombreuses - jeunes filles qui fréquentent les conservatoires n’accèdent-elles pas aux meilleurs postes ?

 

Chez ComposHer, on connaissait ces chiffres, mais on se disait qu’il suffirait d’un peu de temps pour que la situation change pour de bon. Et puis, grâce à nos projets personnels, à nos recherches de mélomanes, ou aux chroniques d’Aliette de Laleu sur France musique, on a découvert des dizaines et des dizaines de compositrices dont on ignorait l’existence. Etaient-elles médiocres ? Pourquoi n’avait-on jamais joué leurs oeuvres dans nos orchestres respectifs ?

Est-ce parce qu’elles ont un peu moins composé que leurs homologues masculins ? Certainement pas : le catalogue de Ravel, avec 111 oeuvres, n’est pas pléthorique, pourtant, on a tous écouté le Boléro. Parce qu’elles n’ont pas composé d’oeuvres assez abouties ? Qu’on aille écouter le Concerto pour piano de Clara Schumann, et il n’est plus permis de douter. Non : Amy Beach, Florence Price, Pauline Viardot ou Isabella Leonarda ont du génie ; si elles ont été effacées de l’histoire, c’est simplement parce que ce sont des femmes. Ces compositrices, élèves des plus grands conservatoires, protégées des plus grands compositeurs (Massenet adulait Pauline Viardot), n’ont pas pu faire jouer leurs oeuvres par les grands ensembles de l’époque, sans parler de les faire éditer. Elles se sont parfois cantonnées à la musique de chambre, qu’elles pouvaient faire jouer dans les salons. Ou elles ont arrêté de composer par manque de temps, affaiblies par des grossesses à répétition. Aujourd’hui, on ne donne pas, ou peu, leurs oeuvres en concert, et les solistes les plus célèbres ne les enregistrent que rarement. A l’exception notable de quelques-unes, comme Lili Boulanger, trouver leurs oeuvres éditées est une gageure, sans parler de partitions libres de droits. Comment, dès lors, espérer que les femmes se lancent dans la composition, chasse gardée, jusqu’à aujourd’hui, du sexe masculin ? Comment peuvent-elles être certaines qu’elles ne tomberont pas dans l’oubli d’ici quelques années ?

 

Chez ComposHer, on a décidé d’agir. Agir en faisant connaître les chefs-d’oeuvres de ces artistes injustement méconnues : sur nos comptes Spotify, Deezer et notre chaîne YouTube, nous assemblons des playlists thématiques qui réunissent nos coups de coeur du moment, découverts à force de recherches acharnées. Agir en incitant les ensembles amateurs à jouer leurs oeuvres : nous parrainons de nombreux concerts qui mettent à l’honneur les femmes dans la musique classique, et proposons des partitions libres de droits, éditées bénévolement, d’oeuvres introuvables chez les maisons d’édition. Agir en tentant de faire connaître celles qui ne doivent pas, surtout pas, être oubliées demain : chaque mois, nous présentons de jeunes artistes, commentons les concerts qui mettent les femmes à l’honneur, et donnons la parole aux grandes femmes du milieu de la musique, interprètes, compositrices ou encore productrices.

 

C'est à nous tous qu'il revient d'écouter et de faire connaître ces formidables artistes qui, demain, feront partie de l'histoire. 

L'équipe de ComposHer

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