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Compositrices romantiques à travers l'Europe - Florilège

02 juillet 2022

Le label Grand Piano continue sa série de disques consacrés à des compositrices avec un récital de pièces courtes de la norvégienne Agathe Backer Grøndahl (1847-1907). L’occasion de retrouver ou découvrir toute la diversité de l’écriture de cette artiste. Si des pièces comme le Souvenir op. 39 développent une nostalgie raffinée et une mélodie délicate, c’est une douleur bien plus forte que nous propose son Étude de concert op 11 n°4 où la ligne de chant se fait plus peinée et plus savamment orchestrée. Le prélude de la Suite en sol mineur op. 20 qui ouvre le disque offre une entrée en matière en plein romantisme déclinant et brillant, bien mis en valeur par la pianiste Sara Aimée Smiseth. Cela dit, c’est une tout autre Agathe Backer Grøndahl que l’on découvre au travers des pièces inspirées de danses populaires (Norske folkeviser og folkedanse) où l’on est face à une écriture bien plus novatrice, qui annonce de manière visionnaire l’œuvre pour piano de Béla Bartok… plusieurs décennies auparavant ! Dans la courte pièce Trollhallen, cette inspiration de la musique populaire norvégienne est présente de même qu’un audacieux jeu d’accords dans les aigus. C’est donc un très beau récital que nous propose Sara Aimée Smiseth, dont le but est visiblement de donner à entendre le talent mais aussi la grande variété de la musique de Backer Grøndahl. Une parfaite introduction à l’œuvre prolifique de la norvégienne.


Raphaël Godefroid

 

Le Trio Hannover nous offre trois œuvres de musique de chambre d’Émilie Mayer, compositrice allemande de la période romantique. D’abord, le trio pour piano en ré mineur, dans sa deuxième version, est composé entre 1855 et 1856. Le violon et le violoncelle chantent allègrement tandis que le piano les accompagne dans des harmonies souvent plus classiques que romantiques. De l’Allegro au Finale, la compositrice nous offre un bel éventail de ses compétences dans le domaine de la musique de chambre. Ensuite, le trio en mi bémol majeur date de la même période, puisqu’il est composé entre 1854 et 1855. Il affirme aussi le talent de la compositrice pour ce type de composition. Et on se laisse aisément porter par le thème de l’Allegro maestoso sans parler de celui, fougueux, du Finale. L’Andante un poco adagio et sa douce mélancolie montre une Émilie Mayer plus sensible qu’à l’accoutumée. Le troisième trio, en la mineur, est légèrement postérieur, puisque composé entre 1855 et 1861. Il révèle une compositrice plus romantique que dans les précédentes œuvres, et qui s’épanche plus, notamment dans le mouvement lent. Le Scherzo y est particulièrement réussi.

Gabriel Navaridas

 

Lorenzo Meseguer et Mario Mora nous offrent un disque fascinant où Clara Schumann croise Fanny Hensel-Mendelssohn. D’abord, la Fantaisie en sol mineur de Fanny Hensel-Mendelssohn est une perle de romantisme, où le violoncelle et le piano dialoguent dans un spleen de longue haleine, mais cette langueur se révèle aussi porteuse d’une certaine fougue, qui se développe dans la partie centrale et qui revient en force dans la section finale. À côté de cette très belle œuvre, dans ses Trois Romances Op. 22 (ici arrangées pour violoncelle depuis le violon), Clara Schumann fait preuve d’une qualité d’écriture exceptionnelle. Le violoncelle, lyrique, chante à pleines cordes tandis que le piano l’accompagne. La première des trois romances est très langoureuse, tandis que la deuxième montre plus d’entrain, avec un contrepoint assuré. La troisième des romances est peut-être, pour le piano, la plus véloce des trois, tandis que le violoncelle chante toujours sa romance sans parole. Si l'œuvre est en effet l’une des plus enregistrées de Clara Schumann, violoncellistes et fans de romantisme apprécieront ce nouvel apport dans sa discographie.


Gabriel Navaridas



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