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Louise Farrenc - du piano à l'orchestre


Février 2020

Symphonie no. 1 en Do mineur, op. 32

Ouverture no. 1 en Mi mineur, op. 23

Ouverture no. 2 en Mi bémol Majeur, op. 24 Grandes Variations sur une thème du Comte Gallenberg, op. 25

(version pour piano et orchestre) Louise Farrenc, Solistes Européens Luxembourg, Christoph König, Jean Muller


Beaucoup d’énergie, de la vivacité, et un sens de l’humour à tout épreuve : Christophe König et ses Solistes Européens Luxembourg ont tout ce qu’il faut pour graver une version de référence des œuvres orchestrales de Louise Farrenc. Après les Symphonies n°2 & 3, en 2018, ils s’attaquent cette fois à la première Symphonie, aux Ouvertures et aux moins célèbres Grandes variations sur un thème du comte de Gallenberg.


Avec un phrasé empreint d’une légèreté de bon ton et d’un vrai sens du rythme, le chef souligne autant les mélodies d’une simplicité toute mozartienne que les crescendo passionnés et romantiques de la Symphonie n°1. Le premier mouvement présente d’abord une introduction « Andante sostenuto », ici plutôt animée, puis une deuxième section « Allegro » plus énergique – l’occasion d’admirer des cordes qui ne manquent pas de vigueur dans les attaques, mais aussi un hautbois particulièrement espiègle. Même les passages les plus tonitruants sont vifs et enlevés : impossible de s’ennuyer ! L’« Adagio cantabile » convainc moins aisément : la justesse n’est pas tout à fait impeccable chez les vents, et on aimerait un vrai son de pupitre chez les cordes pour mieux chanter ces longues mélodies que Farrenc déploie à l’infini… Même si, là encore, la passion et le vibrato ne manquent pas ! Le « Moderato », qui fait dialoguer dans un esprit très théâtral cordes, cuivres et bois, est finalement plus intéressant qu’un « Minuetto » dont l’intérêt repose surtout sur les contrastes de nuances. Mais c’est le « Finale » qui force l’admiration, la tension permanente dans les batteries de cordes amenant des ruptures spectaculaires et des forte grandiloquents. Les cordes précises, même dans les triolets les plus délicats, s’opposent à des vents franchement explosifs : c’est le coup d’éclat final que l’on attendait.


Curieusement, les ouvertures succèdent ici à la symphonie. La première est plus spectaculaire que subtile : coups de tonnerre des cuivres, traits diaboliques chez les cordes et crescendo rapides impressionnent l’auditeur, mais semblent parfois lasser Christophe König, dont le phrasé demeure un peu morcelé. La deuxième joue davantage sur le mystère : l’introduction, terriblement solennelle, éveille une curiosité qui n’est que renforcée par la section plus rapide qui suit, marquée par des oscillations constantes en majeur et mineur, entre exubérance et anxiété, que l’orchestre souligne avec une énergie qui ne faiblit jamais.


Les Grandes variations sur un thème du comte de Gallenberg, op. 25 exposent à nouveau cet esprit joueur : après une brève introduction attendrie de l’orchestre, le thème est doucement esquissé par le piano… Puis se mue en une succession de variations malicieuses qui rappellent que Louise Farrenc était aussi une excellente instrumentiste. En forme de valse, de longs arpèges, de marche ou d’octaves, le thème se transforme, passant sans cesse du piano de Jean Muller, qui en fait ressortir la vivacité et le rythme, à l’orchestre, qui se démène pour insuffler de l’esprit dans chaque morceau de phrase, malgré des tutti peu flatteurs, un peu grandiloquents… Les interventions du soliste flirtent parfois avec le sentimentalisme, mais c’est pour mieux souligner le contraste avec l’exubérante variation finale, qui n’épargne aucun artifice pour impressionner l’oreille. Pari tenu : l’écoute terminée, on retiendra désormais que Louise Farrenc, comme bien d’autres compositrices, était aussi bonne pianiste qu’excellente orchestratrice.


Clara Leonardi


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